°Le petit bois charmant et la forêt sombre°

Histoires de loups pour contrer ses peurs

Ecriture et jeu Delphine Garczynska

Scénographie et costumes Violaine de Maupeou

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Petite forme tout terrain ou au plateau

Pour les familles : de 5 à 10 ans

Pour les classes : de la grande section au CM1

Durée : 55 minutes environ

*

Sous la pluie d’été la prairie sent bon, elle est merveilleuse, Agathe n’y résiste pas et s’élance, elle fend la prairie de fleurs sauvages, pénètre dans la forêt et chante de toute son âme !  Mais quel est cet arbre velu, doux comme une fourrure ? Un peu plus tard, un peu plus loin, autre histoire, dans les bois tranquilles, une chèvre entre dans une cabane pour donner naissance à ses petits. « Les chevreaux sont nés !  » s’écrient les oiseaux et toutes les bêtes de la forêt, « tous nos vœux de tendresse !  » sonne une pendule qui se trouve là dans la paille chaude. Et les chevreaux bêlent parce qu’ils ont faim. Alors ces chansons et ces pleurs, toutes ces émotions d’enfants, se diffusent dans la forêt et viennent chatouiller les oreilles d’un loup, un loup qui dormait bien pourtant, sous son grand sapin vert !

Des contes traditionnels et une écriture personnelle

Le petit bois charmant et la forêt sombre s’ouvre avec l’histoire de La petite fille et le loup, un conte de tradition orale afro-américain où une petite fille se découvre le don d’endormir les loups avec un petit air de musique tout doux mais puissant, magique. Vient ensuite La chèvre et les trois chevreaux, conte plus classique mais ici raconté dans une version russe d’Afanassiev où le loup dévorant doit faire face à une chèvre allaitante très nourricière, dont le lait abonde, une maman-chèvre contenante et rassurante.

Delphine Garczynska propose une interprétation sensible et sensuelle de ces contes traditionnels. Sensible parce qu’elle cherche l’endroit précis où l’histoire va entrer en résonnance avec ses propres émotions et celles des spectateurs. Sensuelle parce que pour qu’images et situations prennent forme, pour que spectateurs et conteuse se fassent « voyants », son langage fait appel à tous les sens dans une écriture orale à fleur de peau.

Savoir fermer la porte au bon moment

Avec Le petit bois charmant et la forêt sombre Delphine Garczynska donne à l’enfant la possibilité de nommer ces peurs, de se réassurer, de les dépasser et de les sublimer. Cette possibilité est offerte grâce aux contes mais aussi grâce au jeu de la conteuse-comédienne. En passant du récit familier ou poétique à l’incarnation, elle ménage une distance plus ou moins grande avec l’histoire, offrant ainsi aux enfants le recul nécessaire pour apprivoiser les peurs et leur claquer la porte au nez ! Ainsi cette grande forêt inconnue, sans limites, qui faisait si peur, s’apaise, s’éclaire et devient ce « p’tit bois charmant » où l’on peut jouer sans craintes.

Aussi vieux que les siècles passés, éternel et universel, le loup est le visage que l’on donne aux peurs diffuses, aux angoisses envahissantes sur lesquelles il est difficile d’avoir prise. De façon très primaire, le loup c’est la peur de tout ce qui se passe dans le corps pour la première fois, sensations de faim, de froid, d’inconfort ou émotions débordantes, frustration, colère, chagrin, et bien sûr la peur de disparaître tout à fait.